La Gran Guerra y Kropotkin

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Joreg
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La Gran Guerra y Kropotkin

Mensaje por Joreg » 13 Mar 2014, 15:43

Dentro de nada se iniciarán los fastos y conmemoraciones de la Primera Guerra Mundial, también llamada la Gran Guerra. En ella el empleo de ametralladoras, tanques, aviación, lanzallamas, gases y otros ingenios mortíferos, llevarían a la muerte a nueve millones de soldados según dicen. La Gran Guerra tuvo más consecuencias mortales, ya que acarreó la defunción por diversas enfermedades a millones de personas. La más fatídica, la llamada Gripe Española. Iniciada en los EEUU, en pocos meses se convirtió en una pandemia mundial a través de los movimientos de tropas y mercancías, que llevaría a la muerte a entre cincuenta y cien millones de personas, no se ponen de acuerdo en las cifras. Pero en lo que sí están de acuerdo, es en que la gripe fue más mortífera que las propias operaciones bélicas. Se la llamó "española", porque aquí se permitió hablar de ella en la prensa, en tanto que en el resto del mundo reinaba la censura por causa de la guerra.

Aquí, algo se dice de la gripe española:

Código: Seleccionar todo

 http://es.wikipedia.org/wiki/Gripe_Española
La Gran Guerra acabó con varios imperios europeos, modificó el mapa, dio lugar al primer Estado socialista del mundo en el derribado Imperio Ruso. Los Imperios alemán, austro-húngaro, otomano y ruso fueron al garete.

Lo que más me ha impresionado de la Gran Guerra, cuando he leído en torno a ella en las memorias de Trotsky o de otros personajes, fue la oleada de nacionalismo que invadió el mundo. Decenas de millones de voluntarios se alistaron sin coacción para enfrentarse a otros trabajadores como ellos. Miles de intelectuales cayeron en las trincheras, personas de diversas naciones que habían colaborado y mantenido correspondencia sobre temas científicos, artísticos, filosóficos, no tuvieron problema en dispararse mutuamente. Las religiones organizadas bendijeron a los soldados y los cañones... Millones de obreros entusiasmados se colocaron los uniformes, saltando por encima del internacionalismo, del que se vio, no era más que una formulación teórica no sostenida por la práctica.

Dentro del campo anarquista, tuvimos nuestros partidarios de la guerra. Kropotkin, Jean Grave, Paul Reclús, Carlos Malato y "otros eminentes anarquistas", firmaron un manifiesto alentando a los anarquistas a participar en la guerra hasta la derrota total de Austria, Alemania, Turquía... Fue el llamado "Manifiesto de los dieciséis", que suscitó oposición. Kropotkin llegó a decir que de no ser por su vanzada edad, se alistaría.

En el campo marxista, Lenin y los bolcheviques se mostraron contrarios a la posición de Kropotkin, acusándolo de "chovinista". Otros "eminentes anarquistas", como Malatesta, Luigi Fabbri, Sébastien Faure, Emma Goldman, Émile Armand, Rudolf Rocker, Alexander Shapiro, Domela Nieuwenhuis, Gustav Landauer, Erich Mühsam... Firmaron a su vez un contra-manifiesto mostrándose partidarios del antimilitarismo y la paz. Otra cosa que me llama mucho la atención, es que en esa época había "eminentes anarquistas", en tanto que en la actualidad difícilmente encontraríamos alguno o alguna con nombre internacional y decididamente anarquista.

Podéis leer algo de la historia de este evento en:

Código: Seleccionar todo

http://es.wikipedia.org/wiki/Manifiesto_de_los_Dieciséis
Lo que más me apena de este asunto, fue el entusiasmo bélico que invadió a tanta persona "normal", y a "algunos eminentes anarquistas". Sin comerlo ni beberlo se enfrentaron en una carnicería que visto lo visto, pasado un siglo... ¿Para qué sirvió? Apenas veinte años después Europa sería arrasada por otra guerra peor aún que la Grande, el mundo se dividió en bloques, cientos de guerras posteriores, la URSS derribada, y el mundo actual que tenemos, sigue colonizado idelógicamente por la peste nacionalista, las fronteras, la religión, el capitalismo y los intereses de las transnacionales, que esas sí que no tienen Patria.
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Joreg
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Re: La Gran Guerra y Kropotkin

Mensaje por Joreg » 13 Mar 2014, 15:59

Aquí el jodido manifiesto. Está en francés, pero se entiende bien:
Le Manifeste des Seize

(28 février 1916)

De divers côtés, des voix s'élèvent pour demander la paix immédiate. Assez de sang versé, assez de destruction, dit-on, il est temps d'en finir d'une façon ou d'une autre. Plus que personne et depuis bien longtemps, nous avons été dans nos journaux, contre toute guerre d'agression entre les peuples et contre le militarisme, de quelque casque impérial ou républicain qu'il s'affuble. Aussi serions-nous enchantés de voir les conditions de paix discutées B si cela se pouvait B par les travailleurs européens, réunis en un congrès international. D'autant plus que le peuple allemand s'est laissé tromper en août 1914, et s'il a cru réellement qu'on se mobilisait pour la défense de son territoire, il a eu le temps de s'apercevoir qu'on l'avait trompé pour le lancer dans une guerre de conquêtes.

En effet, les travailleurs allemands, du moins dans leurs groupements, plus ou moins avancés, doivent comprendre maintenant que les plans d'invasion de la France, de la Belgique, de la Russie avaient été préparés de longue date et que, si cette guerre n'a pas éclaté en 1875, en 1886, en 1911 ou en 1913, c'est que les rapports internationaux ne se présentaient pas alors sous un aspect aussi favorable et que les préparatifs militaires n'étaient pas assez complets pour promettre la victoire à l'Allemagne (lignes stratégiques à compléter, canal de Kiel à élargir, les grands canons de siège à perfectionner). Et maintenant, après vingt mois de guerre et de pertes effroyables, ils devraient bien s'apercevoir que les conquêtes faites par l'armée allemande ne pourront être maintenues. D'autant plus qu'il faudra reconnaître ce principe (déjà reconnu par la France en 1859, après la défaite de l'Autriche) que c'est la population de chaque territoire qui doit exprimer si elle consent ou non à être annexée.

Si les travailleurs allemands commencent à comprendre la situation comme nous la comprenons, et comme la comprend déjà une faible minorité de leurs social-démocrates Bet s'il peuvent se faire écouter par leurs gouvernantsB il pourrait y avoir un terrain d'entente pour un commencement de discussion concernant la paix. Mais alors il devraient déclarer qu'ils se refusent absolument à faire des annexions, ou à les approuver ; qu'ils renoncent à la prétention de prélever des "contributions" sur les nations envahies, qu'ils reconnaissent le devoir de l'état allemand de réparer, autant que possible les dégâts matériels causés par les envahisseurs chez leurs voisins, et qu'ils ne prétendent pas leur imposer des conditions de sujétion économique, sous le nom de traités commerciaux. Malheureusement, on ne voit pas, jusqu'à présent, des symptômes de réveil, dans ce sens, du peuple allemand.

On a parlé de la conférence de Zimmerwald, mais il a manqué à cette conférence l'essentiel : la représentation des travailleurs allemands. On a aussi fait beaucoup de cas de quelques rixes qui ont eu lieu en Allemagne, à la suite de la cherté des vivres. Mais on oublie que de pareilles rixes ont toujours eu lieu pendant les grandes guerres, sans en influencer la durée. Aussi, toutes les dispositions prises, en ce moment, par le gouvernement allemand, prouvent-elles qu'il se prépare à de nouvelles agressions au retour du printemps. Mais comme il sait aussi qu'au printemps les Alliés lui opposeront de nouvelles armées, équipées d'un nouvel outillage, et d'une artillerie bien plus puissante qu'auparavant, il travaille aussi à semer la discorde au sein des populations alliées. Et il emploie, dans ce but un moyen aussi vieux que la guerre elle-même : celui de répandre le bruit d'une paix prochaine, à laquelle il n'y aurait, chez les adversaires, que les militaires et les fournisseurs des armées pour s'y opposer. C'est à quoi s'est appliqué Bülow, avec ses secrétaires, pendant son dernier séjour en Suisse.

Mais à quelles conditions suggère-t-il de conclure la paix ?

La Neue Zuercher Zeitung croit savoir B et le journal officiel, la Nord-deutsche Zeitung ne la contredit pas B que la plupart de la Belgique serait évacuée, mais à la condition de donner des gages de ne pas répéter ce qu'elle a fait en août 1914, lorsqu'elle s'opposa au passage des troupes allemandes. Quels seraient ces gages ? Les mines de charbon belges ? Le Congo ? On ne le dit pas. Mais on demande déjà une forte contribution annuelle. Le territoire conquis en France serait restitué, ainsi que la partie de la Lorraine où on parle français. Mais en échange, la France transférerait à l'état allemand tous les emprunts russes, dont la valeur se monte à dix-huit milliards. Autrement dit, une contribution de dix-huit milliards qu'auraient à rembourser les travailleurs agricoles et industriels français, puisque ce sont eux qui paient les impôts. Dix-huit milliards pour racheter dix départements, que, par leur travail, ils avaient rendus si riches et si opulents, et qu'on leur rendra ruinés et dévastésÿ

Quant à savoir ce que l'on pense en Allemagne des conditions de la paix, un fait est certain : la presse bourgeoise prépare la nation à l'idée de l'annexion pure et simple de la Belgique et des départements du nord de la France. Et, il n'y a pas, en Allemagne, de force capable de s'y opposer. Les travailleurs qui auraient dû élever leur voix contre les conquêtes, ne le font pas. Les ouvriers syndiqués se laissent entraîner par la fièvre impérialiste, et le parti social-démocrate, trop faible pour influencer les décisions du gouvernement concernant la paix Bmême s'il représentait une masse compacteB se trouve divisé, sur cette question, en deux partis hostiles, et la majorité du parti marche avec le gouvernement. L'empire allemand, sachant que ses armées sont, depuis dix-huit mois, à 90 km de Paris, et soutenu par le peuple allemand dans ses rêves de conquêtes nouvelles, ne voit pas pourquoi il ne profiterait pas des conquêtes déjà faites. Il se croit capable de dicter des conditions de paix qui lui permettraient d'employer les nouveaux milliards de contribution à de nouveaux armements, afin d'attaquer la France quand bon lui semblera, lui enlever ses colonies, ainsi que d'autres provinces, et de ne plus avoir à craindre sa résistance.

Parler de paix en se moment, c'est faire précisément le jeu du parti ministériel allemand, de Bülow et de ses agents. Pour notre part, nous nous refusons absolument à partager les illusions de quelques-uns de nos camarades, concernant les dispositions pacifiques de ceux qui dirigent les destinées de l'Allemagne. Nous préférons regarder le danger en face et chercher ce qu'il y a à faire pour y parer. Ignorer ce danger serait l'augmenter.

En notre profonde conscience, l'agression allemande était une menace Bmise à exécutionB non seulement contre nos espoirs d'émancipation mais contre toute l'évolution humaine. C'est pourquoi nous, anarchistes, nous, antimilitaristes, nous, ennemis de la guerre, nous, partisans passionnés de la paix et de la fraternité des peuples, nous nous sommes rangés du côté de la résistance et nous n'avons pas cru devoir séparer notre sort de celui du reste de la population. Nous ne croyons pas nécessaire d'insister que nous aurions préféré voir cette population prendre, en ses propres mains, le soin de sa défense. Ceci ayant été impossible, il n'y avait qu'à subir ce qui ne pouvait être changé. Et avec ceux qui luttent nous estimons que, à moins que la population allemande, revenant à de plus saines notions de la justice et du droit, renonce enfin à servir plus longtemps d'instrument aux projets de domination politique pangermaniste, il ne peut être question de paix. Sans doute, malgré la guerre, malgré les meurtres, nous n'oublions pas que nous sommes internationalistes, que nous voulons l'union des peuples, la disparition des frontières. Et c'est parce que nous voulons la réconciliation des peuples, y compris le peuple allemand, que nous pensons qu'il faut résister à un agresseur qui représente l'anéantissement de tous nos espoirs d'affranchissement.

Parler de paix tant que le parti qui, pendant quarante-cinq ans, a fait de l'Europe un vaste camp retranché, est à même de dicter ses conditions, serait l'erreur la plus désastreuse que l'on puisse commettre. Résister et faire échouer ses plans, c'est préparer la voie à la population allemande restée saine et lui donner les moyens de se débarrasser de ce parti. Que nos camarades allemands comprennent que c'est la seul issue avantageuse aux deux côtés et nous sommes prêts à collaborer avec eux.

28 février 1916

Pressés par les événements de publier cette déclaration, lorsqu'elle fut communiquée à la presse française et étrangère, quinze camarades seulement, dont les noms suivent, en avaient approuvé le texte : Christian Cornelissen, Henri Fuss, Jean Grave, Jacques Guérin, Pierre Kropotkine, A. Laisant. F. Le Lève (Lorient), Charles Malato, Jules Moineau (Liège), A. Orfila, Hussein Dey (Algérie), M. Pierrot, Paul Reclus, Richard (Algérie), Tchikawa (Japon), W. Tcherkesoff.

http://web.archive.org/web/200101212231 ... 3/1418.htm
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Joreg
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Re: La Gran Guerra y Kropotkin

Mensaje por Joreg » 13 Mar 2014, 16:02

Y aquí la respuesta de otros anarquistas al manifiesto
L'Internationale Anarchiste et la guerre

L'Europe en feu, une dizaine de millions d'hommes aux prises, dans la plus effroyable boucherie qu'ai jamais enregistrée l'histoire, des millions de femmes et d'enfants en larmes, la vie économique, intellectuelle et morale de sept grands peuples, brutalement suspendue, la menace, chaque jour plus grave, de complications nouvelles, tel est, depuis sept mois, le pénible, angoissant et odieux spectacle que nous offre le monde civilisé. Mais spectacle attendu, au moins par les anarchistes, car pour eux, il n'a jamais fait et il ne fait aucun doute B les terribles événements d'aujourd'hui fortifient cette assurance B que la guerre est en permanente gestation dans l'organisme social actuel et que le conflit armé restreint ou généralisé, colonial ou européen est la conséquence naturelle et l'aboutissement nécessaire et fatal d'un régime qui a pour base l'inégalité économique des citoyens, repose sur l'antagonisme sauvage des intérêts et place le monde du travail sous l'étroite et douloureuse dépendance d'une minorité de parasites, détenteurs à la fois du pouvoir politique et de la puissance économique.

La guerre était inévitable ; d'où qu'elle vint, elle devait éclater. Ce n'est pas en vain que depuis un demi siècle, on prépare fiévreusement les plus formidables armements et que l'on accroît tous les jours davantage les budgets de la mort. À perfectionner constamment le matériel de guerre, à tendre continûment tous les esprits et toutes les volontés vers la meilleure organisation de la machine militaire, on ne travaille pas à la paix. Aussi est-il naïf et puéril, après avoir multiplié les causes et les occasions de conflits, de chercher à établir les responsabilités de tel ou tel gouvernement. Il n'y a pas de distinction possible entre les guerres offensives et les guerres défensives. Dans le conflit actuel, les gouvernements de Berlin et de Vienne se sont justifiés avec des documents non moins authentiques que les gouvernements de Paris, de Londres, et de Pétrograd ; c'est à qui de ceux-ci ou de ceux-là produira les documents les plus indiscutables et plus décisifs pour établir sa bonne foi, et se présenter comme l'immaculé défenseur du droit et de la liberté, le champion de la civilisation.

La civilisation ? Qui donc la représente, en ce moment ? Est-ce l'état allemand, avec son militarisme formidable et si puissant, qu'il a étouffé toute velléité de révolte ? Est-ce l'état russe, dont le knout, le gibet et la Sibérie sont les seuls moyens de persuasion ? Est-ce l'état français, avec Biribi, les sanglantes conquêtes du Tonkin, de Madagascar, du Maroc, avec le recrutement forcé des troupes noires ? La France qui retient dans ses prisons, depuis des années, des camarades coupables seulement d'avoir parlé et écrit contre la guerre ? Est-ce l'Angleterre qui exploite, divise, affame et opprime les populations de son immense empire colonial ? Non. Aucun des belligérants n'a le droit de se réclamer de la civilisation, comme aucun n'a le droit de se déclarer en état de légitime défense.

La vérité, c'est que la cause des guerres, de celle qui ensanglante actuellement les plaines de l'Europe, comme de toutes celles qui l'ont précédée, réside uniquement dans l'existence de l'état, qui est la forme politique du privilège. L'état est né de la force militaire ; il s'est développé en se servant de la force militaire ; et c'est encore sur la force militaire qu'il doit logiquement s'appuyer pour maintenir sa toute-puissance. Quelle que soit la forme qu'il revête, l'état n'est que l'oppression organisée au profit d'une minorité de privilégiés. Le conflit actuel illustre cela de façon frappante : toutes les formes de l'état se trouvent engagées dans la guerre présente : l'absolutisme avec la Russie, l'absolutisme mitigé de parlementarisme avec l'Allemagne, l'état régnant sur des peuples de races bien différentes avec l'Autriche, le régime démocratique constitutionnel avec l'Angleterre, et le régime démocratique républicain avec la France.

Le malheur des peuples qui, pourtant étaient tous profondément attachés à la paix, est d'avoir eu confiance en l'état, avec ses diplomates intrigants, en la démocratie et les partis politiques (même d'opposition, comme le socialisme parlementaire) pour éviter la guerre. Cette confiance a été trompée à dessein, et elle continue à l'être, lorsque les gouvernements, avec l'aide de toute leur presse, persuadent leurs peuples respectifs que cette guerre est une guerre de libération.

Nous sommes résolument contre toute guerre entre peuples ; et, dans les pays neutres, comme l'Italie, où les gouvernants prétendent jeter encore de nouveaux peuples dans la fournaise guerrière, nos camarades se sont opposés, s'opposent, et s'opposeront toujours à la guerre, avec la dernière énergie. Le rôle des anarchistes, quels que soient l'endroit ou la situation dans lesquels ils se trouvent, dans la tragédie actuelle, est de continuer à proclamer qu'il n'y a qu'une seule guerre de libération : celle qui dans tous les pays, est menée par les opprimés contre les oppresseurs, par les exploités contre les exploiteurs. Notre rôle, c'est appeler les esclaves à la révolte, contre leurs maîtres. La propagande et l'action anarchistes doivent s'appliquer avec persévérance à affaiblir et à désagréger les divers états, à cultiver l'esprit de révolte, et à faire naître le mécontentement dans les peuples et dans les armées.

À tous les soldats de tous les pays, qui ont la foi de combattre pour la justice et la liberté, nous devons expliquer que leur héroïsme et leur vaillance ne serviront qu'à perpétuer la haine, la tyrannie et la misère. Aux ouvriers de l'usine, il faut rappeler que les fusils qu'ils ont maintenant entre les mains, ont été employés contre eux dans les jours de grève et de légitime révolte et qu'ensuite, ils serviront encore contre eux, pour les obliger à subir l'exploitation patronale. Aux paysans, montrer qu'après la guerre, il faudra encore une fois se courber sous le joug, continuer à cultiver la terre de leurs seigneurs et nourrir les riches. À tous les parias, qu'ils ne doivent pas lâcher leurs armes avant d'avoir réglé leurs comptes avec leurs oppresseurs, avant d'avoir pris la terre et l'usine pour eux. Aux mères, compagnes et filles, victimes d'un surcroît de misère et de privations, montrons quels sont les vrais responsables de leurs douleurs et du massacre de leurs pères, fils et maris.

Nous devons profiter de tous les mouvements de révolte de tous les mécontentements, pour fomenter l'insurrection, pour organiser la révolution, de laquelle nous attendons la fin de toutes les iniquités sociales. Pas de découragement même devant une calamité comme la guerre actuelle. C'est dans des périodes aussi troublées où des milliers d'hommes donnent héroïquement leur vie pour une idée, qu'il faut que nous montrions à ces hommes la générosité, la grandeur et la beauté de l'idéal anarchiste ; la justice sociale réalisée par l'organisation libre des producteurs ; la guerre et le militarisme à jamais supprimés ; la liberté entière conquise par la destruction totale de l'état et de ses organismes de cœrcition. Vive l'anarchie !

Londres, 12 février 1915

Léonard d'Abbet, Alexandre Berckmann, L. Bertoni, L. Bersani, G. Bernard, A. Bernado, G. Barett, E. Boudot, A. Gazitta, Joseph-J Cohen, Henri Combes, Nestor Ciek van Diepen, F.W. Dunn, Ch. Frigerio, Emma Goldman, V. Garcia, Hippolyte Havel, T.H. Keell, Harry Kelly, J. Lemarie, E. Malatesta, Noël Paravich, E. Recchioni, G. Rijuders, J. Rochtenine, A. Savioli, A. Schapiro, William Shatoff, V.J.C. Schermerhorn, C. Trombetti, P. Vallina, G. Vignati, L.J. Wolf, S. Yanosky.


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Réponse d'Errico Malatesta au Manifeste des Seize

Le Monde libertaire - 10 mai 1984

Un manifeste vient d'être lancé, signé par Kropotkine, Grave, Malato et une douzaine d'autres vieux camarades, dans lequel, faisant écho aux soutiens des gouvernements de l'Entente qui demandent une lutte jusqu'au bout et l'écrasement de l'Allemagne, ils s'élèvent contre toute idée de paix prématurée.

La presse capitaliste publie, avec une satisfaction naturelle, des extraits de ce manifeste et déclare qu'il est l'œuvre des "leaders du mouvement anarchiste international". Les anarchistes, qui presque tous, sont restés fidèles à leurs convictions, se doivent à eux-mêmes de protester contre cette tentative d'impliquer l'anarchisme dans la continuation d'un féroce massacre qui n'a jamais tenu la promesse d'un. bénéfice quelconque pour la cause de la Justice et de la Liberté et qui se montre maintenant, de lui-même, comme devant être absolument dépourvu de tout résultat, même du point de vue des dirigeants des deux camps.

La bonne foi et les bonnes intentions de ceux qui ont signé le manifeste sont au-delà de toute question. Mais si pénible qu'il soit d'être en désaccord avec de vieux amis qui ont rendu tant de services à ce qui, dans le passé, était notre cause commune, la sincérité et l'intérêt de notre mouvement d'émancipation nous font un devoir de nous dissocier de camarades qui se croient capables de réconcilier les idées anarchistes et la collaboration avec les gouvernements et les classes capitalistes de certaines nations dans leur lutte contre les capitalistes et les gouvernements de certaines autres nations.

Durant la présente guerre nous avons vu des républicains se mettre au service des rois, des socialistes faire cause commune avec la classe dirigeante, des travaillistes servir les intérêts des capitalistes ; mais en réalité tous ces hommes sont, à des degrés divers, des conservateurs croyant à la mission de l'État, et leur hésitation peut se comprendre quand le seul remède dont on dispose réside dans la destruction de toute chaîne gouvernementale et le déchaînement de la révolution sociale. Mais une telle hésitation est incompréhensible de la part d'anarchistes.

Nous estimons que l'État est incapable de bien. Dans le domaine international aussi bien que dans celui des rapports individuels il ne peut combattre l'agression qu'en se faisant lui-même agresseur ; il ne peut empêcher le crime qu'en organisant et commettant toujours un plus grand crime.

Même en supposant -ce qui est loin d'être la vérité- que l'Allemagne porte seule la responsabilité de la guerre présente, il est prouvé que, aussi longtemps qu'on s'en tient aux méthodes gouvernementales, on ne peut résister à l'Allemagne qu'en supprimant toute liberté et en revivifiant la puissance de toutes les forces de réaction. La révolution populaire exceptée, il n'y a pas d'autre façon de résister à la menace d'une armée disciplinée que d'essayer d'avoir une armée plus forte et plus discipliné, de sorte que les antimilitaristes les plus résolus, s'ils ne sont pas anarchistes et craignent la destruction de l'État, sont inévitablement conduits à devenir d'ardents militaristes.

En fait, dans l'espoir problématique de détruire le militarisme prussien, ils ont renoncé à toutes les traditions de liberté ; ils ont prussianisé l'Angleterre et la France ; ils se sont soumis au tsarisme ; ils ont restauré le prestige du trône branlant d'Italie.

Les anarchistes peuvent-ils accepter cet état de choses un seul instant sans renoncer à tout droit de s'appeler anarchistes ? Pour moi, même la domination étrangère subie de force et conduisant à la révolte est préférable à l'oppression intérieure volontairement acceptée presque avec gratitude, dans la croyance que, par ce moyen, nous serons préservés d'un plus grand mal. Il est tout à fait vain de dire qu'il s'agit de circonstances exceptionnelles et qu'après avoir contribué à la victoire de l'Entente dans "cette guerre" nous retournerons chacun dans notre propre camp et lutterons pour notre propre idéal.

S'il est nécessaire aujourd'hui de travailler en harmonie avec le gouvernement et les capitalistes pour nous défendre nous-mêmes contre "la menace allemande", cela sera nécessaire après, aussi bien que durant la guerre.

Si grande que puisse être la défaite de l'armée allemande s'il est vrai qu'elle sera battue, il ne sera jamais possible d'empêcher les patriotes allemands de penser à une revanche et de la préparer ; et les patriotes des autres pays, très raisonnablement, de leur point de vue, voudront eux-mêmes se tenir prêts de façon à n'être pas surpris par une attaque. Cela signifie que le militarisme prussien deviendra une institution permanente et régulière dans tous les pays.

Que diront alors ces anarchistes qui veulent aujourd'hui la victoire d'un des groupes de belligérants ? Recommenceront-ils à s'appeler antimilitaristes, à prêcher le désarmement, le refus du service militaire et le sabotage de la défense nationale, pour redevenir, à la première menace de guerre, les sergents recruteurs des gouvernements qu'ils auront tenté de désarmer et de paralyser ?

On dira que ces choses prendront fin quand les Allemands se seront débarrassés de leurs tyrans et auront cessé d'être une menace pour l'Europe en détruisant le militarisme chez eux. Mais s'il en est ainsi, les Allemands qui pensent avec raison que la domination anglaise et française (pour ne rien dire de la Russie tsariste), ne serait pas plus agréable aux Allemands que la domination allemande ne le serait aux Français et aux Anglais, voudront d'abord attendre que les Russes et les autres aient détruit leur propre militarisme et, en attendant, ils contribueront à accroître l'armée de leur pays. Et alors combien de temps la Révolution sera-t-elle différée ? Combien de temps l'anarchie ? Devons-nous toujours attendre que les autres commencent ?

La ligne de conduite des anarchistes est clairement tracée par la logique même de leurs aspirations. La guerre aurait dû être empêchée par la Révolution, ou au moins en inspirant aux gouvernements la peur de la Révolution. La force ou l'audace nécessaire a manqué. La paix doit être imposée par la Révolution ou, au moins, par la menace de la faire. Jusqu'à présent, la force ou la volonté fait défaut. Eh bien ! il n'y a qu'un remède ; faire mieux à l'avenir. Plus que jamais nous devons éviter les compromis, creuser le fossé entre les capitalistes et les serfs du salariat, entre les gouvernants et les gouvernés ; prêcher l'expropriation de la propriété individuelle et la destruction des États, comme les seuls moyens de garantir la fraternité entre les peuples et la justice et la liberté pour tous ; et nous devons nous préparer à accomplir ces choses.

En attendant, il me semble qu'il est criminel de faire quoi que ce soit qui tende à prolonger la guerre, ce massacre d'hommes, qui détruit la richesse collective et paralyse toute reprise de la lutte pour l'émancipation. Il me semble que prêcher "la guerre jusqu'au bout" c'est faire réellement le jeu des dirigeants allemands qui trompent leur peuple et l'excitent au combat en le persuadant que leurs adversaires veulent écraser et asservir le peuple allemand.

Aujourd'hui, comme toujours, que ceci soit notre devise : À bas les capitalistes et les gouvernements, tous les capitalistes et tous les gouvernements.

Vivent les peuples, tous les peuples !
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Re: La Gran Guerra y Kropotkin

Mensaje por Plaza_Olmedo » 13 Mar 2014, 17:30

El de Malatesta está en castellano aquí (p.1 "Anarquistas gubernativos"): http://www.cedall.org/Documentacio/Prem ... /00306.pdf

Aquí hay otra respuesta al manifiesto en Tierra y Libertad (p. 2 "Carta abierta"): http://www.cedall.org/Documentacio/Prem ... /00295.pdf
"La sociedad menos perfecta es aquella en que, habiendo grandes, poderosos, justos motivos para protestar, no hay protestas" (Concepción Arenal)

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Re: La Gran Guerra y Kropotkin

Mensaje por Joreg » 13 Mar 2014, 18:53

Mira qué bien que se digitalice la prensa.

Respecto a la euforia nacionalista que produjo la Gran Guerra en los primeros meses, Trotsky en sus memorias recuerda que cuando se declara en Alemania o en Austria, no recuerdo dónde estaba, miles de ciudadanos se echaron a la calle como si aquello fuera una fiesta. A esa alegría inusitada se la denominó "el espíritu de 1914"
El Espíritu de 1914 es el nombre que en escritos históricos se ha dado al "júbilo popular" ocurrido en Europa al estallar la Primera Guerra Mundial conforme cada país emitía su declaración de guerra, resultando una situación de euforia patriótica generalizada, junto con un sentimiento de "unidad nacional" casi completa frente a la amenaza de una guerra exterior.

http://es.wikipedia.org/wiki/Esp%C3%ADritu_de_1914

Una expresión singular de este "Espíritu de 1914" ocurrió en Alemania tras la movilización del ejército contra Rusia y la posterior declaración de guerra contra Francia el 3 de agosto de 1914. El día 4 de agosto se discutió en el Reichstag (parlamento alemán) el otorgamiento de créditos de guerra como método especial para el amplio y rápido financiamiento de las fuerzas armadas. Todos los partidos políticos representados en el Reichstag votaron a favor de estas medidas, incluyendo a los diputados del Partido Socialdemócrata de Alemania (SPD), quienes apoyaron la unión nacional frente a la guerra, a pesar que su postura oficial previa era considerar a la guerra como manifestación imperialista contraria a los intereses de los trabajadores. La unidad de todos los grupos políticos alemanes (y de la población en general) parecía indestructible en esos momentos, y en la posteridad quedó la imagen de una "nación unida" por el fervor patriótico, la que por unas semanas había dejado atrás las amargas pugnas políticas del pasado. Notable fue la expresión popular atribuida al káiser Guillermo II: "Yo no veo partidos políticos, sólo veo alemanes".... El júbilo popular en Alemania fue compartido por grupos sociales como los judíos, los socialistas, y los católicos, quienes vieron en la movilización de guerra una oportunidad para acreditar de manera "indudable" su patriotismo
La misma situación se vivió en Francia, en Gran Bretaña en su imperio, en el Imperio Austro-Húngaro. Nada como una guerra para unir a la población en el sentimiento nacional. Australia se sentió como una nación unida tras la masacre de sus tropas en Gallípoli. O eso dicen.

La cuestión es que para cuando Kropotkin firma su manifiesto a favor de los aliados, ya ha pasado en Europa el espíritu festivo. Han pasado grandes batallas, han muerto millones de soldados, y Kropotkin tenía que saber perfectamente que aquella barbaridad carecía completamente de sentido. Pero se decide a dar su apoyo a los aliados.

Existe la creencia de que los aliados representaban en esa época, algo así como la libertad democrática, en tanto que Alemania era una especie de esclavitud. Pero lo cierto es que en el bando aliado luchaba Rusia, que era una tiranía. Y ue los alemanes en su parlamento o Reichstag tenían una nutrida representación de socialistas. Todos los países beligerantes se manifestaron haber sido atacados. Todos aseguraron querer mantener sus fronteras y la paz. Todos afirmaban luchar por la civilización. Y va Kropotkin, y firma por los aliados.

Toma castaña.

Más sobre el "júbilo popular"
...Similar situación se vivió en Francia, donde los sindicatos obreros apoyaron decididamente el esfuerzo de guerra, viendo en el conflicto una oportunidad de superar las luchas políticas internas de su país. Los créditos de guerra en Francia fueron apoyados también por todos los elementos políticos, de derecha e izquierda, y así la Tercera República Francesa financió el desarrollo del conflicto contando prácticamente con ninguna oposición.

Rusia vivió situaciones parecidas, donde la declaración de guerra causó euforia en las masas y donde las manifestaciones patrióticas de las primeras semanas de la guerra hicieron olvidar las diferencias políticas. Inclusive San Petersburgo estaba sumida en una huelga general desde fines de julio por parte de obreros socialistas, pero la noticia de la declaración de guerra presentada por Alemania el 1 de agosto hizo que esta huelga se disolviera con suma rapidez.

Entre las masas británicas la nueva situación bélica causó también una euforia nacionalista que se extendió a todas las capas de la población, siendo particularmente sorprendente para las autoridades militares el enorme número de voluntarios para el ejército, más aún al saber que éstos provenían mayormente de áreas obreras (antes desdeñadas como fuente de reclutas).

Finalmente, en el Imperio austrohúngaro la guerra fue recibida jubilosamente por las autoridades imperiales, no solamente porque permitía destruir las ambiciones de Serbia sobre Bosnia (y, tal vez, hasta anexar Serbia), sino porque el conflicto permitiría superar las diferencias entre los diez grupos étnicos que vivían en el Imperio, fusionándolos en una misma causa nacional.
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Re: La Gran Guerra y Kropotkin

Mensaje por _nobody_ » 13 Mar 2014, 19:09

Ricardo Sanz escribe en El Sindicalismo y la Política que de Catalunya se alistaron 14.000 voluntarios en el ejército francés (vía Legión Extrangera).

He encontrado algo:

Código: Seleccionar todo

http://mundomilitaria.es/foro/index.php?topic=2570.0
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Re: La Gran Guerra y Kropotkin

Mensaje por Joreg » 13 Mar 2014, 19:45

Portugal participó en la Gran Guerra con 60.000 soldados. Y España fue neutral. En una conferencia a la que asistí de un historiador... Macarro, mencionó que España no entró en guerra, porque su ejército era mínimo, y carecía de capacidad para maniobrar entre los grandes ejércitos europeos. No tengo ni idea.

Lo de los catalanistas enrolados con los franceses lo había leído en relación con el levantamiento de Pascua de 1916. No sé si tiene fundamento.

Respecto al sentimiento nacional, hay que tener en cuenta que los grupos que sienten necesidad de formar estados, en esas contiendas pueden aventurarse en terrenos muy complejos. A Hitler le dieron apoyo diversas nacionalidades oprimidas y grupos de liberación... Según tengo entendido. Tampoco es que lo sepa yo muy bien.

Lo digo de memoria, y no pretendo tener razón en nada.
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Re: La Gran Guerra y Kropotkin

Mensaje por _nobody_ » 13 Mar 2014, 19:56

Estaría bien saber si estos catalanes que hicieron la guerra, luego al volver a Barcelona estuvieron con el Sindicato Libre. Lo digo por si puede haber una equiparación con los fascistas italianos o alemanes.
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Re: La Gran Guerra y Kropotkin

Mensaje por Joreg » 13 Mar 2014, 20:00

_nobody_ escribió:Estaría bien saber si estos catalanes que hicieron la guerra, luego al volver a Barcelona estuvieron con el Sindicato Libre. Lo digo por si puede haber una equiparación con los fascistas italianos o alemanes.
Ostras tú, eso ya es pensar demasiao. Habría de todo entre los soldados licenciados. Desde gente de gatillo fácil, a camioneros. ¿Qué pasó con los fascistas italianos y alemanes? ¿Salieron de la tropa? Hablando de eso, Portugal tuvo también una larga dictadura fascista.
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Re: La Gran Guerra y Kropotkin

Mensaje por Plaza_Olmedo » 13 Mar 2014, 20:28

_nobody_ escribió:Estaría bien saber si estos catalanes que hicieron la guerra, luego al volver a Barcelona estuvieron con el Sindicato Libre. Lo digo por si puede haber una equiparación con los fascistas italianos o alemanes.
Diría que es poco probable, ya que, al menos los que fueron a Francia, serían en su mayoría republicanos o liberales de izquierdas. Salvando mucho las distancias, el sentimiento pro-aliados tenía bastante de "proto-antifascismo" por definirlo de algún modo.

En España no se combatió, pero la Guerra monopolizó el debate y exacerbó las pasiones hasta la huelga de 1917. Resumiendo, la sociedad se dividió en "aliadófilos" y "germanófilos", lo cual, siempre simplificando, coincidía con la división izquierdias/progresismo y derechas/conservadores.

La cosa se complicó porque los aliadofilos eran fuertemente intervencionistas, mientras que los germanófilos se disfrazaron en la defensa de la neutralidad. Los anarquistas y la CNT, salvo núcleos muy reducidos, fueron siempre pacifistas. Por eso anarquistas y republicanos se repartieron hostias en varias ocasiones. Y de ahí también las acusaciones, en algún caso parece que ciertas, de financiamento del espionaje alemán a militantes anarcosindicalistas.

En esto voy menos curtido, pero en el caso de Catalunya, la guerra también tuvo un efecto radicalizador sobre el catalanismo, especialmente a partir de que Wilson introdujera el tema de la autodeterminación, sentando las bases para la hegemonía del nacionalismo republicano.
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Re: La Gran Guerra y Kropotkin

Mensaje por _nobody_ » 13 Mar 2014, 20:31

Bueno, se sabe que en 1919 se crearon muchas agrupaciones de ex-combatientes en todas partes. En Italia y Alemania eran utilizadas por su alto sentimiento nacionalista. En el caso italiano los arditi (tropa de choque) de la primera guerra mundial promovían una camaradería de las trincheras, que se mantenía después de la guerra incluso. Muchos camisas negras venían de aquí. En Alemania los Freikorps eran cuerpos de voluntarios ex-combatientes y ultranacionalistas. Yo veo una relación clara entre soldados desmovilizados, nacionalismo exacervado, un enemigo (la Rusia roja, la revolución, los judíos, las minorías étnicas o todos a la vez), y una causa que les resulta atractiva.

En los EEUU los matones de la mafia venían del frente. Por eso digo que no sería extraño que también varios matones del Sindicato Libre también hubieran combatido. Es una especulación.

Otra especulación es la influencia del movimiento obrero español en que España permaneciera neutral. Hasta qué punto el estado temía una explosión social si se hubiera metido en la guerra?
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Re: La Gran Guerra y Kropotkin

Mensaje por Plaza_Olmedo » 13 Mar 2014, 20:41

_nobody_ escribió:Otra especulación es la influencia del movimiento obrero español en que España permaneciera neutral. Hasta qué punto el estado temía una explosión social si se hubiera metido en la guerra?
Hay una entrada en la wikipedia sobre el tema que de hecho lo menciona, aunque pone más el acento en el tema de lo cutre del ejército:
El estallido de conflictos sociales, debido a la cada vez mayor conciencia de clase de los obreros, y el desarrollo y crecimiento de sindicatos y partidos de izquierda, nacionalistas o incluso republicanos, ajenos al «turno» característico de esta época política del país, cobraba mayor importancia debido a episodios como la Semana Trágica de Barcelona de 1909 o el asalto del miembro del ejército a periódicos catalanes en 1905. Si España intervenía en la guerra y el desarrollo de la guerra no era favorable, se podría producir una revolución como la Revolución Bolchevique que afectó a Rusia.
http://es.wikipedia.org/wiki/Espa%C3%B1 ... a.C3.B1ola
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Re: La Gran Guerra y Kropotkin

Mensaje por _nobody_ » 13 Mar 2014, 20:48

Esa cuestión se me ocurrió hace días, que gracias a un movimiento organizado y combativo (aunque en 1914 la CNT era ilegal) que el proletariado español se libró de la matanza.
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Re: La Gran Guerra y Kropotkin

Mensaje por Plaza_Olmedo » 13 Mar 2014, 20:55

Sobre el tema de los catalanes, la guerra y los irlandeses, encontré el siguiente fragmento de un artículo de Albert Ballcells que creo que lo resume bien, y matiza mucho la cifra de voluntarios.

El artículo se llama "El catalanisme i els moviments d’emancipació nacional a la resta d’Europa, entre 1885 i 1939" y está entero acá: http://revistes.iec.cat/index.php/CHR/a ... 57/pdf_455
LA GUERRA DE LES NACIONS

Aquest fou el títol que Rovira i Virgili donà al seu llibre sobre la Primera Guerra Mundial, els cinc volums del qual aparegueren entre 1916 i 1925. Certament la Gran Guerra va començar arran del magnicidi de Sarajevo, en una Bòsnia en mans d’Àustria des de 1908, un país situat al centre de la pugna de les nacionalitats i els estats balcànics, que ja estaven en guerra des de 1912. La invasió de Sèrbia per Àustria i de la Bèlgica neutral per Alemanya indignaren els catalanistes d’esquerra, que es manifestaren francòfils decidits.9 Una posició més complexa va ser la que inspirà el neutralisme actiu del Manifest dels Amics de la Unitat Moral d’Europa, redactat per Eugeni d’Ors i subscrit per un nombre significatiu d’intel·lectuals catalanistes d’ideologia molt diversa, des de conservadors com Miquel dels Sants Oliver o Ramon Rucabado fins a esquerrans com Andreu Nin, Rafael Campalans o Salvat-Papasseit. Publicat el desembre de 1914, repudiava la guerra com a «guerra civil europea», de la qual calia que sortís una conciliació dels valors que representaven França i Alemanya per a una unitat europea regenerada pel mediterranisme clàssic. De la guerra havia de sorgir la conjugació de la llibertat amb l’autoritat, de la democràcia amb l’Estat fort i interventor. La versió francesa del manifest català dels Amics de la Unitat Moral d’Europa va ser publicada per Romain Rolland al Journal de Genève el 9 de gener de 1915, un fet que li donà relleu internacional. El manifest va ser combatut tant des de França com des d’Alemanya, i també dins de Catalunya.10 Els nacionalistes radicals catalans van voler creure que una victòria dels aliats comportaria l’emancipació de les nacionalitats europees oprimides, mentre que el partit catalanista moderat, que tenia la presidència de la Mancomunitat de Catalunya, compartí majoritàriament el neutralisme que mantingueren els governs espanyols del període malgrat que la guerra submarina indiscriminada, declarada per Alemanya, afectà la marina mercant espanyola. El mariscal Joffre, el cap militar de l’Exèrcit francès a la batalla del Marne, va ser convertit per la propaganda catalanista en un heroi català perquè era rossellonès. Un grup d’intel·lectuals catalanistes de diverses orientacions polítiques visità Perpinyà el febrer de 1916 per a testimoniar als rossellonesos, a la Catalunya Nord, la seva solidaritat en la mesura que formaven part de l’Estat francès en guerra amb Alemanya.11 L’error de l’esquerra nacionalista catalana va ser creure que les potències aliades eren contràries a l’Espanya d’Alfons XIII i partidàries de la democratització del país, mentre que la diplomàcia anglesa i francesa estigué en contra de l’agitació antimonàrquica de l’estiu de 1917 a Espanya, un regne al qual consideraven dins la seva àrea d’influència i fora de tota possibilitat d’anar al costat d’Alemanya. A la legió estrangera de França lluitaren gairebé un miler de voluntaris catalans, una xifra inferior a la llegendària que circulà aleshores de dotze mil, però comparable a la dels italians garibaldins, a la dels polonesos i a la dels txecs i molt alta dins el total de dos mil cinc-cents voluntaris procedents de tot l’Estat espanyol. Dirigents de la Unió Catalanista van crear el Comitè de Germanor amb els Voluntaris Catalans.12 El nucli més nacionalista d’aquells voluntaris va considerar-se la representació vàlida de Catalunya a l’hora de la conferència de pau a París. Els catorze punts del president nord-americà Wilson, que havien justificat la intervenció dels Estats Units a la guerra a partir de 1917, semblaven confirmar aquelles esperances en la mesura que incloïen el dret d’autodeterminació de les nacionalitats. Wilson va ser per un instant una figura popular i venerada pels catalanistes. A París es va formar un comitè nacional català que volia imitar l’exemple txec per assolir el suport dels aliats, però no tingué cap influència. L’èxit txec desvetllà molt d’interès. Tomás Masaryk s’havia exiliat a París i aconseguí finalment el suport dels governs aliats. Fou el primer president de la República de Txecoslovàquia. Presoners i desertors txecs lluitaren com a voluntaris al costat dels russos durant la Primera Guerra Mundial. Allí anà Masaryk fins a la revolució bolxevic. El 1918, la legió txecoslovaca hagué de travessar tot Sibèria en lluita amb els bolxevics que havien donat l’ordre de desarmar-la. Això anava en contra de l’acord pactat amb els aliats abans de la pau per separat amb Alemanya, segons el qual els txecs s’havien de traslladar al front francès. Quan es produí l’armistici i moltes nacionalitats europees obtingueren la independència, semblava que havia arribat el moment més propici perquè Catalunya aconseguís del Govern espanyol una autonomia negociada. Però el projecte d’estatut d’autonomia elaborat pels parlamentaris catalans i la Mancomunitat de Catalunya a Barcelona el gener de 1919 va ser rebutjat al parlament espanyol, malgrat la moderació del text.13 Al mateix temps, a París, la qüestió catalana no va ser admesa pels aliats vencedors a l’ordre del dia de la conferència de pau. A continuació d’aquest fracàs polític començava a la Catalunya industrial una lluita de classes molt dura amb la proliferació d’atemptats socials, que s’havien iniciat abans. Foren, a Barcelona, els anys del pistolerisme. També apareixia, el 1919, la primera organització política independentista catalana, liderada pel diputat Francesc Macià, que inicialment tingué poc èxit electoral.14 La succeiria Estat Català el 1922, amb Macià de màxim dirigent i amb una estructura paramilitar. A finals de 1918 s’havia inventat la bandera independentista catalana, que, a les quatre barres roges horitzontals sobre fons daurat de la bandera catalana tradicional, hi afegí el triangle blau i l’estel solitari al mig, inspirada en la cubana i la nord-americana.

LA RESSONANCIA DE LA REVOLTA IRLANDESA

La Cambra dels Comuns votà el Home Rule irlandès el 1912, però el veto suspensiu de la Cambra dels Lords encara l’endarrerí dos anys mentre els orangistes unionistes de l’Ulster s’armaven per a oposar-se a dependre d’un govern autònom de Dublín. El 1914, la guerra serví de justificant per a ajornar l’autonomia d’Irlanda. La revolta del Sinn Féin la Pasqua de 1916 a Dublín va ser esclafada amb afusellaments, empresonaments i desterraments. La crida a files dels irlandesos per a lluitar a Europa accentuà el malestar. La confiança dels catalanistes que la victòria aliada afavoriria les nacionalitats sotmeses portà a deplorar la fracassada revolta dels sinnfeiners a Dublín el 1916 perquè podia beneficiar Alemanya. Però també van condemnar els afusellaments per part de l’Exèrcit anglès. Aquesta posició va ser formulada per Rovira i Virgili. A les eleccions de 1918, al final de la guerra, el Sinn Féin, fins aleshores parlamentàriament minoritari, aconseguí setanta-tres dels cent cinc escons irlandesos a la Cambra dels Comuns, mentre que els autonomistes nacionalistes només en treien sis i els unionistes, vint-i-sis. Els diputats del Sinn Féin refusaren anar a Londres i es constituïren en parlament independent —Dáil— a Dublín, i nomenaren Eamon de Valera president de la República d’Irlanda.16 El 4 de febrer de 1919, el diputat català autonomista Pere Rahola advertia a les Corts de Madrid que la intransigència espanyola en contra de la demanda d’autonomia de Catalunya hi podia conduir al predomini de l’independentisme com a Irlanda, després del fracàs de l’autonomisme: «Allí han ganado los que quieren ir solos», en al·lusió al Sinn Féin i a la traducció del terme al castellà. La Gran Bretanya, col·locada en una posició incòmoda a la conferència de pau, prometé que resoldria la qüestió irlandesa, que teòricament podia considerar-se inclosa en els punts del president Wilson i tenia el suport dels irlandesos dels Estats Units. Però quan acabà la conferència de pau, començà la repressió a Irlanda amb una guerra d’independència que desacreditava Anglaterra als ulls dels catalanistes radicals aliadòfils, que ja estaven prou decebuts perquè les grans potències vencedores havien rebutjat incloure la qüestió catalana entre les de les nacionalitats a emancipar en la conferència de Versalles.
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Re: La Gran Guerra y Kropotkin

Mensaje por anenecuilco » 13 Mar 2014, 21:24

La cuestión es que para cuando Kropotkin firma su manifiesto a favor de los aliados, ya ha pasado en Europa el espíritu festivo. Han pasado grandes batallas, han muerto millones de soldados, y Kropotkin tenía que saber perfectamente que aquella barbaridad carecía completamente de sentido. Pero se decide a dar su apoyo a los aliados.
Creo que Kropotkin ya se había manifestado desde un principio, más que como pro-aliado como anti-imperio alemán.

El manifiesto tampoco veo que tenga nada de pro-aliado, simplemente ve peor a los alemanes, cree que un acuerdo de paz en ese momento es una maniobra alemana para librarse de la derrota y apuesta por que mejor se les derrote y se quite al régimen de enmedio.

A toro pasado no concuerdo con su postura pero comprendo que entre dos males consideraran que uno era peor y que debía perder.

Las respuestas de Malatesta y compañía me parecen bien en general pero no veo que tuvieran mucho nivel, y de hecho el "entre dos bandos capitalistas e imperialistas no apoyamos a ninguno" quedó claro que no era universalmente válido ya que 20 años después todos los anarquistas que yo sepa se alinearon con un bando capitalista, tiránico, imperialista y que no dudó en matar a cientos de miles de soldados y millones de civiles, a sangre fría. El problema es que el otro bando era peor. No me parece que defender la derrota militar nazi sea militarista o gubernamental, sinceramente.

Tampoco le veo mucho sentido al "no hay diferencia entre la guerra ofensiva y defensiva".

En la IIGM la cosa estaba más clara y chirría menos pero eso no quita para que Kropotkin y los demás pudieran pensar eso en su momento.

Papelón el que hicieron los hasta entonces socialdemócratas subordinándose descaradamente a los estados.
When the Union's inspiration through the workers' blood shall run,
There can be no power greater anywhere beneath the sun

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